Votre DPE affiche un A ou un B, et pourtant la chambre sous le toit dépasse 30 °C dès la deuxième nuit de canicule. Ce n'est pas une erreur du diagnostiqueur. Le confort d'été du DPE est un indicateur à part, qui ne modifie pas l'étiquette énergétique, et un logement très bien isolé pour l'hiver peut y être noté « insuffisant ». D'après une étude de Pouget Consultants pour IGNES publiée le 16 juin 2026, 48,2 % des logements analysés ont un confort d'été insuffisant, et 35 % de ceux classés A ou B. Le facteur décisif tient en un mot : l'absence de protections solaires extérieures.
La bonne nouvelle, c'est que le remède coûte moins cher qu'une climatisation. Depuis 2025, une partie de ces équipements bénéficie même de la TVA à 5,5 %, mais sous des critères techniques précis. Nous les détaillons parce qu'un devis peut afficher 5,5 % sur un produit qui n'y a pas droit, ou ignorer ce taux sur un produit qui y a droit.
Ce guide explique ce que mesure l'indicateur, pourquoi l'isolation d'hiver ne suffit pas, quelles protections choisir pour quel budget, et dans quel ordre agir avant de penser à la climatisation.
Que mesure l'indicateur de confort d'été de votre DPE ?
Depuis la réforme du 1er juillet 2021, le DPE comporte un indicateur de confort d'été à trois niveaux : bon, moyen, insuffisant. Le document officiel « Comprendre mon DPE » le présente sous la mention « hors climatisation » et précise qu'il s'appuie uniquement sur les caractéristiques du logement : la localisation n'est pas prise en compte.
La réponse du ministère à la question écrite n° 16711, publiée au Journal officiel du 1er septembre 2026, détaille cinq critères : la présence de protections solaires sur les baies et en toiture, l'isolation de la toiture, l'inertie du bâtiment, le caractère traversant du logement et la présence de brasseurs d'air fixes. Les besoins de refroidissement entrent bien dans le calcul de l'étiquette, avec une consigne de 28 °C, mais l'indicateur de confort passif reste affiché à part. Lorsqu'il n'est pas « bon », le DPE propose des recommandations, par exemple la pose de volets extérieurs ou de brise-soleil.
Le même texte admet une limite : l'indicateur « doit être amélioré pour mieux refléter les réalités », et des travaux sont en cours dans le cadre du troisième plan national d'adaptation au changement climatique. Le plan Endurance du 17 juin 2026 annonce, selon la presse, un décret avant le 1er janvier 2027. Nous n'en avons trouvé aucun publié, et un amendement parlementaire évoque plutôt 2028 : prudence sur les dates.
Voici ce que dit l'étude de Pouget Consultants pour IGNES, portant sur 8 932 000 DPE de la base ADEME, soit 23 % du parc résidentiel, d'après la présentation qu'en fait la presse spécialisée :
| Logements analysés | Confort d'été « insuffisant » |
|---|---|
| Ensemble du parc étudié | 48,2 % (« moyen » 40,7 %, « bon » 11 %) |
| Maisons | 56,7 % |
| Appartements | 42,1 % |
| Classés A ou B (427 000 logements) | 35 % (90 % n'atteignent pas « bon ») |
Chiffres de l'étude publiée le 16 juin 2026, lus dans un article de presse et non dans le rapport original.
Pourquoi un logement bien isolé peut devenir une bouilloire
La plupart des rénovations de ces dernières années ont été pensées pour l'hiver : isoler, étanchéifier, changer les fenêtres. Rien là-dedans n'arrête le soleil d'été sur les vitres. Un logement mieux isolé peut aussi garder plus longtemps la chaleur qui y entre : si les baies sud et ouest restent exposées, le soleil chauffe l'intérieur toute la journée et la chaleur s'évacue mal la nuit.
L'étude pointe le même coupable. Les protections solaires extérieures sont le facteur décisif : 43 % des logements en sont insuffisamment dotés, et 50 % des maisons. Leur absence suffit à classer un logement en « insuffisant », alors que seuls 8 % des logements qui en disposent le sont. Les brasseurs d'air fixes jouent un rôle secondaire : ils font passer de « moyen » à « bon », sans pouvoir à eux seuls entraîner un « insuffisant ». Hello Watt relève aussi de forts écarts selon les territoires : 67,7 % d'indicateurs insuffisants à Paris, ce qui rappelle que le confort d'été se joue sur les toits, les étages élevés et les logements traversants.
La toiture est l'autre point sensible. Un comble mal isolé, ou un isolant sans inertie, peut renvoyer le pic de chaleur de l'après-midi dans les chambres en début de nuit. Le choix du matériau compte donc autant que son épaisseur : notre comparatif des isolants explique le déphasage, c'est-à-dire le temps que met la chaleur à traverser la paroi.
Quelles protections solaires choisir, et pour quel budget ?
Le principe est simple : arrêter le soleil avant la vitre. Une protection extérieure bloque le rayonnement avant qu'il n'entre, alors qu'un rideau ou un store intérieur le laisse se transformer en chaleur dans la pièce. Traitez d'abord les baies exposées au sud et à l'ouest, puis les fenêtres de toit.
Crédit : Nuernberg Uhlandstr. 15 003, Demidow — Licence CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons (volets extérieurs en position inclinée, dite « en projection » : le soleil est arrêté avant la vitre, l'air continue de circuler)
Voici les fourchettes relevées en 2026 sur des sites de comparaison, à confirmer par devis :
| Équipement | Fourchette indiquée | Source |
|---|---|---|
| Volet roulant électrique, matériel | 150 à 600 € | Quelle Énergie |
| Volet roulant solaire, matériel | 350 à 800 € (jusqu'à 1 000 €) | La Prime Énergie |
| Pose d'un volet roulant | 100 à 300 € par volet | La Prime Énergie |
| 3 volets solaires aluminium, posés | 1 800 à 2 400 € | La Prime Énergie |
| Store banne, posé | 1 000 à 6 000 € (600 à 1 200 € en entrée de gamme) | Quelle Énergie |
Nous n'avons pas trouvé de prix fiable pour la pose d'un brasseur d'air de plafond : demandez un devis. Les gestes gratuits, eux, valent d'être cités : fermer les ouvrants et les volets en journée, dès que l'air extérieur dépasse la température intérieure, et ouvrir en grand la nuit pour créer un courant d'air.
TVA à 5,5 % : quels volets, stores et brasseurs d'air sont concernés ?
En rénovation, depuis 2025, le taux de 5,5 % s'applique à la fourniture et à la pose d'équipements de confort d'été dans un logement de plus de deux ans. Selon la CAPEB, trois familles sont visées, avec ces critères.
Les volets isolants. Il faut une résistance thermique additionnelle supérieure à 0,22 m²K/W.
Les protections solaires mobiles. Elles doivent se situer dans le plan d'une fenêtre verticale, d'une fenêtre de toit ou d'une porte d'entrée et permettre le repliement complet du tablier. Elles doivent aussi respecter l'une de ces deux conditions : un facteur de transmission solaire total inférieur ou égal à 0,15, ou l'un des types listés (volet battant, jalousie accordéon, persienne, volet coulissant). Sur une ouverture verticale s'ajoute un critère : une surface ajourée du tablier supérieure à 30 %, une protection à projection, ou un système d'entrebâillement pour un volet battant plein. Un store en toile à enroulement n'est éligible que s'il est à projection, un bloc-soleil orientable que si son facteur solaire est inférieur à 0,15.
Les brasseurs d'air fixes. Diamètre supérieur à 1,32 m, trois vitesses, niveau sonore inférieur à 45 dB à la vitesse maximale et à 35 dB à la vitesse minimale, et une efficacité supérieure à 250 m³/(Wh) à vitesse maximale.
« une surface ajourée du tablier supérieure à 30 % » — Critère contesté dans la question écrite n° 18399, Journal officiel du 22 septembre 2026
Ce critère est au cœur d'une controverse. Le député à l'origine de la question écrite du 22 septembre 2026 estime que ces conditions ne reposent sur aucune norme technique reconnue et excluent des produits courants, comme les volets roulants classiques et les stores en toile extérieurs, pourtant conformes au seuil de 0,15. Aucune réponse du ministère n'était publiée au moment de notre lecture. La CAPEB reconnaît d'ailleurs que la notion de surface ajourée n'est pas clairement définie.
En pratique, un volet roulant classique peut aussi se qualifier par l'autre porte, celle du volet isolant, s'il atteint la résistance thermique additionnelle de 0,22 m²K/W : le point est à confirmer sur la fiche technique, pas sur la parole de l'installateur. Si le taux de 5,5 % s'applique, l'économie atteint 4,5 points de TVA par rapport au taux de 10 % : 90 euros pour 2 000 euros hors taxe de travaux (calcul de la rédaction).
Côté aides, ne comptez pas sur MaPrimeRénov' : d'après Quelle Énergie, la pose de volets roulants seuls n'est pas éligible par geste, et ils ne comptent que dans une rénovation d'ampleur.
Notre ordre d'action avant d'acheter une climatisation
Dans nos accompagnements, nous suivons toujours le même ordre, du moins cher au plus cher, et nous nous arrêtons dès que le problème est réglé.
1. Les gestes gratuits. Volets fermés tôt, ouvrants fermés tant que l'extérieur est plus chaud, ventilation nocturne. Ils suffisent souvent en dehors des canicules.
2. Une protection extérieure sur les baies sud et ouest. C'est le meilleur rapport efficacité/prix, et c'est le critère qui fait basculer l'indicateur du DPE. Nous déconseillons de s'en tenir à des films ou à des stores intérieurs : ils ne règlent pas le problème à la source.
Crédit : Ventilateur de plafond, Papillus — Licence CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons (modèle à trois pales : seuls les modèles de plus de 1,32 m de diamètre et conformes aux critères ouvrent droit à la TVA à 5,5 %)
3. Un brasseur d'air fixe dans la pièce de nuit la plus chaude : il améliore le ressenti sans refroidir l'air, et il compte dans l'indicateur.
4. La toiture. Un comble perdu bien isolé avec un matériau à forte inertie est le deuxième levier, et il sert aussi l'hiver.
5. Seulement ensuite, la climatisation. Si une pièce reste invivable après ces étapes, un mono-split posé dans cette seule pièce vaut mieux qu'un multi-split pour toute la maison. En copropriété, les volets extérieurs et l'unité de climatisation touchent l'aspect de la façade : l'accord de l'assemblée générale est à prévoir avant de commander.
Questions fréquentes
Un logement classé A au DPE peut-il surchauffer l'été ?
Oui. L'étiquette A à G mesure surtout les consommations et les émissions, alors que le confort d'été fait l'objet d'un indicateur séparé à trois niveaux : bon, moyen, insuffisant. D'après l'étude Pouget Consultants pour IGNES publiée le 16 juin 2026 et relayée par la presse, 35 % des 427 000 logements classés A ou B affichent un confort d'été insuffisant, et 90 % n'atteignent pas le niveau bon. Un logement très isolé mais sans protection solaire extérieure peut donc être confortable l'hiver et difficile à vivre pendant une canicule.
Où trouver l'indicateur de confort d'été sur mon DPE, et que signifient bon, moyen, insuffisant ?
Il figure dans la partie du diagnostic consacrée au confort d'été, mention « hors climatisation ». Il qualifie le confort passif du logement, sans tenir compte d'une éventuelle climatisation, d'après cinq critères : protections solaires sur les baies et en toiture, isolation de la toiture, inertie du bâtiment, caractère traversant et brasseurs d'air fixes. Si le niveau n'est pas bon, le DPE affiche des recommandations. La localisation n'est pas prise en compte : un logement identique reçoit la même note à Lille et à Marseille.
Quelle protection solaire est la plus efficace contre la chaleur ?
Celle qui arrête le soleil avant la vitre : volets extérieurs, brise-soleil, stores extérieurs ou lames orientables. Un rideau ou un store intérieur laisse le rayonnement entrer dans la pièce, où il se transforme en chaleur. Le document « Comprendre mon DPE » du ministère de la Transition écologique recommande d'ailleurs d'équiper les fenêtres de volets extérieurs ou de brise-soleil. Traitez en priorité les baies exposées au sud et à l'ouest, puis les fenêtres de toit, qui reçoivent le soleil à plein.
Un brasseur d'air de plafond suffit-il à améliorer mon indicateur de confort d'été ?
Non, pas à lui seul. D'après l'analyse de l'étude Pouget Consultants-IGNES rapportée par la presse spécialisée, la présence de brasseurs d'air fixes joue un rôle secondaire : elle permet de passer du niveau moyen au niveau bon, mais l'absence de brasseur ne peut pas seule faire classer un logement en insuffisant. Les protections solaires restent le critère décisif. Un brasseur fixe reste utile pour le ressenti, puisqu'il brasse l'air sans refroidir la pièce, et il peut ouvrir droit à la TVA à 5,5 % s'il respecte les critères techniques.
Les volets roulants et les stores bénéficient-ils de la TVA à 5,5 % ?
Cela dépend du produit. Depuis 2025, en rénovation d'un logement de plus de deux ans, le taux de 5,5 % couvre la fourniture et la pose de volets isolants (résistance thermique additionnelle supérieure à 0,22 m²K/W), de protections solaires mobiles et de brasseurs d'air fixes, sous des critères techniques que détaille la CAPEB. Une question écrite de septembre 2026 conteste le périmètre, qui exclurait des volets roulants classiques et des stores en toile extérieurs. Exigez donc sur le devis la fiche technique du produit et le taux appliqué.
MaPrimeRénov' finance-t-elle des volets ou des protections solaires ?
Pas dans le parcours par geste : d'après Quelle Énergie, la pose de volets roulants seuls n'y est pas éligible, et les volets ne sont pris en compte que dans une rénovation d'ampleur. Celle-ci exige un audit, des travaux d'isolation et un gain d'au moins deux classes au DPE : les protections solaires y figurent comme un poste complémentaire, pas comme un projet en soi. Pour un budget de quelques milliers d'euros, comptez donc surtout sur la TVA à 5,5 % si le produit y est éligible, sans attendre de prime.
Le confort d'été va-t-il entrer dans la note du DPE ?
Il n'y entre pas aujourd'hui, et le ministère reconnaît que l'indicateur « doit être amélioré pour mieux refléter les réalités », dans une réponse publiée au Journal officiel du 1er septembre 2026. Le plan Endurance, présenté le 17 juin 2026, annonce selon la presse un décret modifiant l'indicateur avant le 1er janvier 2027, mais nous n'avons trouvé aucun texte publié, et un amendement parlementaire évoque plutôt 2028. Ne retardez donc pas vos travaux dans l'attente d'une réforme : les protections solaires serviront de toute façon.
Combien coûtent des volets roulants solaires ou un store banne ?
Selon La Prime Énergie, un volet roulant solaire coûte 350 à 800 euros en matériel, jusqu'à 1 000 euros en haut de gamme, plus 100 à 300 euros de pose par volet, soit 1 800 à 2 400 euros posés pour trois fenêtres standard en aluminium. Quelle Énergie relève 150 à 600 euros pour un volet électrique en matériel et 1 000 à 6 000 euros pour un store banne posé. Ces chiffres viennent de comparateurs : demandez au moins deux devis détaillés avant de décider.
Image d'en-tête : Außenjalousien, XDAS123 — Licence CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons (stores extérieurs à lames orientables sur la façade d'un bâtiment à Aix-la-Chapelle, Allemagne)
- Ministère de la Transition écologique : « Comprendre mon DPE » (confort d'été, recommandations)
- Assemblée nationale : question écrite n° 16711 sur le DPE et les fortes chaleurs, avec la réponse du ministère (JO du 1er septembre 2026)
- Assemblée nationale : question écrite n° 18399 sur le périmètre de la TVA applicable aux protections solaires (JO du 22 septembre 2026)
- CAPEB : TVA à 5,5 % pour financer les travaux de confort d'été






